Archives mensuelles :

septembre 2026

Cadmium dans l'alimentation et pollution des sols agricoles
Cadmium : Pourquoi sommes nous autant exposés et comment s’en protéger ? 1 1 Marie-Amélie

Cadmium : Pourquoi sommes nous autant exposés et comment s’en protéger ?

On parle beaucoup des perturbateurs endocriniens, des pesticides ou encore des plastiques. Beaucoup moins du cadmium dans notre alimentation.

Et pourtant, ce métal lourd est aujourd’hui très présent dans notre environnement et l’exposition de la population française est préoccupante.

Le problème ? Le cadmium est partout : dans les sols, dans l’air, dans l’eau… et surtout dans notre alimentation. Il s’accumule lentement dans l’organisme et s’élimine très difficilement.

Femmes, enfants et adolescents sont particulièrement concernés, notamment lorsque les réserves en fer sont basses.

Alors, où trouve-t-on le cadmium ? Pourquoi les femmes sont-elles particulièrement vulnérables ? Quel est son impact sur les hormones et la fertilité ? Et surtout, comment réduire notre exposition au quotidien ?

Faisons le point.

Le cadmium, qu’est-ce que c’est ?

Le cadmium est un métal lourd naturellement présent dans l’environnement, mais dont la concentration dans les sols est largement augmentée par les activités humaines.

On le retrouve principalement dans l’industrie, l’agriculture et les sols, mais également dans l’air et dans l’eau.

Dans l’air, il provient notamment des rejets des industries de la métallurgie et de la chimie ainsi que de l’incinération des déchets. Les zones urbaines peuvent ainsi concentrer davantage de cadmium.

Dans l’eau, la contamination provient des rejets industriels mais également du ruissellement sur les terres agricoles fertilisées avec certains engrais phosphatés.

Ces engrais représentent aujourd’hui une part importante de la contamination des sols par le cadmium.

Et une fois présent dans les sols, le cadmium entre dans les végétaux… puis dans notre assiette.

Notre alimentation : principale source d’exposition au cadmium

Chez les Français non-fumeurs, l’alimentation représente environ 98 % de l’exposition au cadmium.

Contrairement à ce que l’on pourrait penser, le chocolat n’est pas notre principale source d’exposition.

Les aliments qui contribuent le plus à notre exposition sont ceux que nous consommons très régulièrement et en grande quantité :

  • les céréales du petit-déjeuner ;
  • le pain ;
  • les pâtes alimentaires ;
  • le riz ;
  • les pommes de terre ;
  • les légumes-feuilles ;
  • les viennoiseries et pâtisseries.

Le chocolat provenant notamment d’Amérique du Sud peut également contenir des quantités importantes de cadmium, mais il contribue moins à notre exposition globale car nous en consommons généralement beaucoup moins que les produits céréaliers.

C’est donc bien la répétition quotidienne de certains aliments contaminés qui doit retenir notre attention.

Pourquoi le cadmium pose-t-il problème ?

Une des particularités du cadmium est sa très longue persistance dans l’organisme.

Sa demi-vie est estimée entre 10 et 30 ans.

Autrement dit, lorsqu’il pénètre dans notre organisme, il peut y rester pendant des décennies et s’accumuler progressivement.

C’est précisément pour cette raison que la prévention est si importante.

Les reins

Les reins sont l’un des principaux organes dans lesquels le cadmium s’accumule.

Il peut notamment imiter le calcium pour pénétrer dans les cellules et, lors d’une exposition chronique importante, altérer progressivement la fonction rénale.

Les os

Le cadmium peut également perturber le métabolisme du calcium, du phosphore et de la vitamine D, notamment par son action sur les reins.

À long terme, cette perturbation peut favoriser une perte minérale et une diminution de la densité osseuse.

Il agit également directement sur la fabrication de l’os et la synthèse du collagène.

Le foie

Le cadmium favorise le stress oxydatif et sollicite fortement nos systèmes antioxydants.

Il participe également aux phénomènes inflammatoires et peut perturber le métabolisme des lipides et des glucides ainsi que certaines fonctions de détoxification hépatique.

Les poumons

L’exposition par inhalation concerne particulièrement les fumeurs et certaines professions exposées.

La plante de tabac absorbe en effet énormément de cadmium présent dans les sols.

Une fois inhalé, celui-ci peut endommager les bronches et les alvéoles pulmonaires.

Cadmium, hormones et fertilité : un lien à ne pas négliger

C’est un aspect particulièrement inquiétant lorsqu’on s’intéresse à la santé hormonale et à la fertilité.

Le cadmium est considéré comme un perturbateur endocrinien.

Il peut interférer avec certains minéraux essentiels, notamment le calcium et le zinc, perturber les signaux hormonaux et exercer une toxicité sur les gonades et les ovaires.

Il peut également agir sur l’axe cerveau–hypophyse–gonades, indispensable au bon fonctionnement du système reproducteur.

Limiter son exposition prend donc tout son sens lorsque l’on travaille sur le terrain hormonal, mais également en préconception et dans l’accompagnement de la fertilité.

Le cadmium est classé cancérogène

Le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC), qui dépend de l’Organisation mondiale de la santé, classe le cadmium dans le Groupe 1 des agents cancérogènes pour l’être humain.

Le risque le mieux établi concerne notamment l’exposition par inhalation et le cancer du poumon, particulièrement chez les personnes professionnellement exposées et les fumeurs.

Des études épidémiologiques ont également étudié les liens entre exposition chronique au cadmium et plusieurs autres cancers, notamment ceux du rein, de la prostate, de la vessie, du sein et du pancréas.

Qui est particulièrement vulnérable au cadmium ?

Nous sommes tous concernés par l’exposition au cadmium, mais certaines périodes de la vie et certaines situations augmentent notre vulnérabilité.

Les enfants à naitre, les enfants et les adolescents

Les enfants consomment proportionnellement davantage de nourriture et d’eau par rapport à leur poids qu’un adulte.

Leur organisme est également en plein développement.

Par ailleurs, la période prénatale et l’adolescence constituent des fenêtres de vulnérabilité importantes face aux perturbateurs endocriniens.

C’est une raison supplémentaire pour s’intéresser à la qualité de l’alimentation pendant la grossesse, puis tout au long de la croissance de l’enfant.

Les femmes menstruées : le rôle essentiel du fer

C’est probablement l’un des mécanismes les moins connus concernant le cadmium.

Et pourtant, il est particulièrement inquiétant pour la santé féminine.

Les femmes perdent du fer chaque mois avec leurs règles. Certaines présentent une véritable carence, tandis que beaucoup ont simplement des réserves de fer basses.

Or notre intestin possède des transporteurs permettant d’absorber le fer contenu dans notre alimentation.

Lorsque les réserves sont suffisantes, l’organisme régule cette absorption.

Mais lorsque les réserves diminuent, il cherche naturellement à capter davantage de fer.

Et c’est là que le cadmium profite de la situation.

Lorsque le fer manque, le cadmium peut emprunter certaines de ces voies d’absorption et pénétrer plus facilement dans l’organisme.

Le problème peut ensuite s’entretenir : une exposition au cadmium peut elle-même perturber certains mécanismes impliqués dans le métabolisme du fer.

On comprend alors pourquoi surveiller et préserver de bonnes réserves en fer chez les femmes et les adolescentes est particulièrement important. Mais aussi chez les enfants : C’est une déficience nutritionnelle fréquente notamment chez les 0 à 3 ans (selon les données de l’assurance Maladie, environ 30% des petits enfants sont concernés par le manque de fer).

Les fumeurs et certaines professions

Les personnes travaillant notamment dans la fabrication de peintures, de plastiques ou de batteries ainsi que certains soudeurs peuvent être davantage exposés.

Et bien sûr, les fumeurs constituent une population particulièrement concernée puisque le tabac concentre fortement le cadmium.

Comment réduire notre exposition au cadmium ?

Nous ne pouvons évidemment pas supprimer tout le cadmium de notre environnement.

En revanche, nous pouvons agir sur notre exposition quotidienne et sur certains facteurs nutritionnels qui influencent son absorption.

C’est précisément ici que l’alimentation et la micronutrition prennent tout leur sens dans une démarche de prévention.

Privilégier une alimentation biologique

Les végétaux issus de l’agriculture biologique présentent en moyenne des concentrations en cadmium inférieures à celles de leurs équivalents conventionnels.

L’une des explications tient à l’utilisation des engrais : l’agriculture biologique n’utilise pas les mêmes engrais phosphatés fortement chargés en cadmium et privilégie notamment les amendements organiques.

Cela peut contribuer à limiter le transfert du cadmium du sol vers les plantes.

Le choix du bio est donc particulièrement intéressant pour les produits céréaliers consommés quotidiennement.

Pour le chocolat, la problématique est différente : le cadmium peut être naturellement présent dans certaines terres, notamment volcaniques. Un label biologique ne garantit donc pas une teneur plus faible.

Surveiller ses réserves de fer

Chez les enfants mais aussi les femmes et les adolescentes (particulièrement en cas de règles abondantes ou de fatigue persistante), il peut être pertinent de faire contrôler les réserves de fer par un professionnel de santé.

La ferritine constitue notamment un marqueur utile pour évaluer ces réserves.

Corriger une carence en fer

Lorsqu’une carence ou des réserves insuffisantes sont identifiées, leur correction est importante.

L’objectif n’est pas uniquement de retrouver de l’énergie.

Disposer de réserves en fer satisfaisantes peut également limiter l’absorption digestive du cadmium.

Selon la situation, cela peut passer par l’alimentation ou par une supplémentation encadrée par un professionnel de santé.

Veiller à ses apports en zinc

Le zinc est lui aussi un minéral important dans la compétition avec le cadmium.

Avant de penser systématiquement supplémentation, il est intéressant de vérifier que l’alimentation apporte suffisamment de zinc et de travailler plus largement sur l’équilibre micronutritionnel.

Varier les féculents

Puisque les produits céréaliers représentent une part importante de notre exposition, varier les sources de glucides est une mesure simple.

Évitons que pain, pâtes et céréales raffinées constituent systématiquement la base de tous les repas.

On peut alterner avec :

lentilles, pois chiches et autres légumineuses, quinoa, sarrasin, pommes de terre ou patates douces…

La diversité alimentaire reste l’une des meilleures façons d’éviter de concentrer notre exposition sur une seule famille d’aliments.

Limiter les aliments qui accumulent fortement le cadmium

Certains aliments peuvent naturellement concentrer davantage le cadmium.

C’est notamment le cas :

  • de certains mollusques et fruits de mer ;
  • des abats, notamment foie et rognons ;
  • de certains champignons sauvages ;
  • de certains chocolats noirs riches en cacao provenant de zones géographiques particulièrement chargées en cadmium.

Il n’est pas nécessaire de les supprimer systématiquement : c’est la fréquence et la quantité consommées qui comptent.

Et bien sûr : zéro tabac

Chez le fumeur, le tabac constitue une source majeure d’exposition au cadmium.

La prévention concerne également le tabagisme passif, particulièrement pendant la grossesse et chez l’enfant.

En naturopathie : agir sur le terrain plutôt que vivre dans la peur des toxiques

Notre environnement nous expose quotidiennement à de nombreuses substances que nous ne pouvons pas totalement éviter.

L’objectif n’est donc pas de vivre dans la peur de chaque aliment ou de chercher à tout contrôler.

Il s’agit plutôt de comprendre sur quels leviers nous pouvons réellement agir.

C’est là que l’approche naturopathique prend tout son sens.

Lors d’une séance de naturopathie, le travail peut notamment consister à regarder la qualité et la diversité de l’alimentation, la place des produits céréaliers, les apports en minéraux essentiels comme le fer et le zinc, mais également à identifier certaines situations qui méritent d’être explorées avec le médecin ou la sage-femme.

Cette approche est particulièrement intéressante chez les femmes ayant des règles abondantes ou de faibles réserves en fer, chez l’adolescente, mais aussi en période de préconception, pendant la grossesse et lorsque l’on souhaite soutenir sa santé hormonale.

L’idée n’est pas de partir à la chasse au cadmium.

Elle est de diminuer autant que possible notre exposition tout en donnant à notre organisme les nutriments dont il a besoin pour fonctionner correctement.Et cela commence, une fois encore, dans notre assiette.

Prendre rendez-vous en ligneTerapiz